Les vétérinaires soutiennent une interdiction d’écornage des cabris

mercredi, 12 décembre 2018

L’écornage des chevreaux est une opération très délicate. C’est pourquoi la conseillère nationale Irène Kälin a déposé une motion réclamant l’interdiction de cette intervention. La Société des Vétérinaires Suisses (SVS) voit d’un bon œil le dépôt de cette motion.

Les détenteurs d’animaux écornent leurs cabris en raison du risque de blessures inhérent au port des cornes. L’intervention s’avère toutefois très problématique en termes de bien-être animal. C’est pourquoi la conseillère nationale Irène Kälin (Les Verts, AG) réclame, dans une motion, d’interdire l’écornage des cabris. La Société des Vétérinaires Suisses (SVS) apporte son soutien à cette demande. Cela fait plusieurs années que l’association réclame une telle interdiction. Les vétérinaires plaident pour une garde de chèvres cornues conforme aux besoins de l’espèce, leur offrant suffisamment de place et des structures leur permettant de vivre leur comportement naturel. Une recherche intensive a en outre permis d’optimiser l’architecture des chèvreries, permettant aujourd’hui de garder les chèvres cornues avec un risque de blessures minimal.

L’écornage des cabris comporte deux points délicats: la narcose et la surface relativement importante à cautériser sur la tête des animaux, compte tenu du fait que le cerveau est situé directement sous le front. L’anesthésie locale telle qu’elle est pratiquée pour l’écornage des veaux n’est pas praticable sur les cabris. Et un dosage inapproprié du narcotique, une mauvaise position de l’animal sous narcose ou encore une température ambiante trop élevée ou trop basse peuvent s’avérer néfastes.

Avec la révision de la loi sur la protection des animaux de 2008, l’écornage des chevreaux et des chèvres est désormais soumis à une obligation d’anesthésie. Parallèlement, les détenteurs sont depuis lors autorisés à écorner leurs cabris eux-mêmes, s’ils peuvent démontrer l’attestation de compétences correspondante. Une étude récente montre qu’une grande partie des cabris écornés par les détenteurs présentent des symptômes de douleurs manifestes. La narcose est parfois insuffisante, même lorsque le poids de l’animal a été estimé correctement. La remise des médicaments nécessaires (kétamine) aux détenteurs d’animaux s’avère en outre très problématique.

Du point de vue des vétérinaires, seule une interdiction de l’écornage peut, à long terme, constituer la bonne voie.

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