Stop aux prescriptions insensées dans le transport des médicaments vétérinaires

jeudi, 24 mai 2018

La Société des Vétérinaires Suisses (SVS) réclame des conditions praticables dans la commercialisation des médicaments vétérinaires. La mise sur un pied d’égalité des médicaments vétérinaires avec les médicaments à usage humain met en péril l’existence même des petits cabinets vétérinaires dans les régions périphériques.

Les entreprises qui livrent des médicaments vétérinaires en Suisse doivent aujourd’hui respecter les mêmes prescriptions que celles prévalant pour les médicaments servant en médecine humaine. La Suisse a en effet repris une directive de l’UE réglant la bonne pratique de distribution (BPD) pour les médicaments utilisés en médecine humaine. Contrairement à ce qui a cours dans l’UE, la Suisse applique toutefois cette disposition de façon pratiquement identique pour les médicaments à usage vétérinaire. La Société des Vétérinaires Suisses (SVS) critique cet état de fait dans sa dernière prise de position relative à la révision totale de l'ordonnance sur les autorisations dans le domaine des médicaments. Les vétérinaires veulent garantir des médicaments vétérinaires de qualité élevée, de la commande à l’application. Ils réclament toutefois, comme c’est d’ailleurs aussi le cas dans l’UE, une solution adaptée à la branche vétérinaire.

En vertu du renforcement des directives BPD, des nouvelles règles sont entrées en vigueur au 1er janvier 2018 pour le transport des médicaments. La Suisse a notamment repris les dispositions relatives aux transports à température surveillée de l’UE, lesquelles n’y prévalent que pour les médicaments à usage humain. Les entreprises suisses doivent donc envoyer tous les médicaments vétérinaires à température contrôlée, même ceux dont la température d’entreposage est de 15 à 25 °C.

La nouvelle logistique renchérit les produits dans le pays. Ainsi, la pression de la concurrence va encore se renforcer, en particulier dans les régions limitrophes, au détriment des cabinets vétérinaires suisses. Par ailleurs, les conditions de livraison ont aussi été adaptées: alors que les médicaments étaient auparavant envoyés par la poste, ils sont aujourd’hui délivrés par un logisticien, à un moment quelconque de la journée. Les colis ne pouvant par ailleurs être remis que contre signature, une personne doit donc être présente en permanence dans le cabinet pour réceptionner les envois. Autrement, le logisticien reprend la marchandise. Le vétérinaire n’a ainsi pas les médicaments nécessaires et doit en outre assumer des coûts plus élevés.

Lorsque le vétérinaire réalise des consultations de bétail ou de petits animaux à domicile, il n’est pas en mesure de réceptionner ses colis. Il doit donc soit sans cesse interrompre son travail et réaliser des trajets supplémentaires, compte tenu des fournisseurs, soit engager de la main-d’œuvre supplémentaire pour pouvoir réceptionner les livraisons. Si l’une solution comme l’autre n’est pas praticable, il n’a d’autre solution que fermer son cabinet, en raison du manque de médicaments. Il est à noter que les petits cabinets vétérinaires en région périphérique sont déjà confrontés à des conditions générales difficiles. Cette situation au plan de la livraison constitue, pour ceux-ci particulièrement, une menace pour leur existence.

La prise de position de la SVS relative à la révision totale de l'ordonnance sur les autorisations dans le domaine des médicaments est disponible ici: www.gstsvs.ch/positions

Informations complémentaires:
Service médias SVS, tél. 031 307 35 37, media(at)gstsvs.ch

Communiqué de presse en format pdf

 
TYPO3 Agentur